La dynastie des Anjou-Valois

De la province d'Anjou au département de Maine-et-Loire...une indéniable continuité, une riche histoire à découvrir.

La naissance de la dynastie

Philippe de Valois, apanagé de la province par succession de sa mère Marguerite, fille de Charles d'Anjou, réunit à nouveau l'Anjou au domaine de la Couronne lorsqu'il devient à son tour roi de France en 1328.
Mais l'usage n'est pas, alors, de conserver les provinces dans la seule main du roi. Dès 1336, l'Anjou est à nouveau cédée à Jean, fils du roi, qui deviendra roi à son tour sous le nom de Jean le Bon. La dévolution de l'apanage angevin à un fils de roi est devenu la règle. Lorsque Jean accède lui-même au trône en 1350, il confie le comté à son second fils Louis, et l'élève pour lui au rang de duché en 1360.

Des princes de haut rang

La nouvelle dynastie fondée par Louis Ier d'Anjou occupe, dans les deux derniers siècles du Moyen Age, une place de premier plan. Princes fastueux, ambitieux, même si leurs entreprises ne furent pas toutes couronnées de succès, combattants et soutiens fidèles du roi de France dans les périls de la guerre de Cent ans, renouant avec l'héritage de Charles d'Anjou en poursuivant le rêve de ceindre les couronnes d'Italie et des royaumes méditerranéens, leur aventure s'échappe du cadre de l'histoire de la province. Leurs personnalités successives, attachantes et brillantes, ont cependant laissé leur marque sur le territoire angevin, de Louis le commanditaire de la célèbre tapisserie de l'Apocalypse jusqu'à René, le Bon roi, symbole de la province autant que son château.

Louis Ier d'Anjou, prince combattant.

Victime dès son plus jeune âge de la lutte à nouveau ouverte entre France et Angleterre, il fait partie des otages royaux livrés aux Anglais en rançon de la captivité de son père après la désastreuse bataille de Poitiers. Après la mort de Jean le Bon, son frère Charles V l'investit de la lieutenance des armées royales qui combattent l'invasion anglaise du Languedoc. Il y consacrera vingt années, combattant l'ennemi de toute sa vie avec une haine acharnée, qu'il exprime dans la tapisserie à double lecture qu'il commande en 1373, dans laquelle il choisit de mettre en scène la guerre dans les décors tissés illustrant les textes de l'Apocalypse de Saint-Jean, conçus pour lui par le peintre Jean de Bruges et le lissier Nicolas Bataille. Il relève et reconstruit le château de Saumur, dont les lignes élégantes, encore aujourd'hui subsistantes, sont immortalisées dans le Livre des Heures de son frère Jean de Berry.



Parmi son trésor, la Croix d'Anjou

Son goût du faste lui avait fait accumuler, malgré la dureté des temps, des richesses innombrables, comme en témoigne l'inventaire de son trésor, épais manuscrit de plusieurs centaines de feuillets conservé par la Bibliothèque nationale. Manifestant une vénération particulière pour la relique de la Vraie Croix dont un fragment rapporté d'Orient est alors conservé par les cisterciens de l'abbaye de la Boissière, il la fait transporter en son château d'Angers, et sertir dans un nouveau décor, qui fait partie des rares traces de son trésor encore conservées. Cette croix à double traverse dont il fit son emblème, et qui figure en bonne place en bordure de la tapisserie de l'Apocalypse, devait être appelée à un destin considérable. Adoptée par la Lorraine lorsque René II, héritier de la dynastie et duc de Lorraine au XVè siècle, y mène combat contre les ducs de Bourgogne, puis par la France Libre comme symbole en 1940, sous l'impulsion d'un Lorrain, l'amiral Muselier.

L'appel de l'Italie

Louis Ier d'Anjou résida peu en son duché. Il le fortifia et le défendit des invasions anglaises, particulièrement virulentes vers 1370. Il en renforça l'administration, dans un but essentiellement fiscal, et institua à Angers une Chambre des comptes qui traitait les affaires de tous ses domaines. A son crédit peut également être portée la reconnaissance des privilèges de l'Université d'Angers, qui se voit dotée de ses premiers statuts en 1364.
La fin de sa vie s'achève dans les mirages de l'Italie. Adopté comme héritier par Jeanne, descendante sans enfants de Charles d'Anjou, dont la branche concurrente des Durrazzo convoite la succession, il réunit à grands frais une armée et se lance dans la hasardeuse expédition en 1382. Il ne sauve ni Jeanne, ni le royaume et meurt des fièvres dans les plaines de l'Italie centrale en 1383. Mais il laisse ouverte la prétention au royaume, que n'auront de cesse de défendre, sans plus de succès, ses fils et petits-fils.



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