La prospérité économique des temps Plantagenêt

De la province d'Anjou au département de Maine-et-Loire...une indéniable continuité, une riche histoire à découvrir.

La densification du peuplement

Durant les deux siècles qui séparent l'avènement de Foulque Nerra de la mort d'Henri II, l'Anjou connaît un développement sans précédent, dans un contexte général de prospérité des grands états européens. Cet essor se traduit d'abord par une forte progression démographique, qui entraîne un double mouvement de renforcement des villes et villages, et de défrichement des espaces naturels encore inexploités. De nouveaux bourgs se forment auprès des châteaux, comme à Baugé, Durtal, Montreuil-Bellay ou Montrevault (le "Mont du Rebelle" de Foulque Nerra). La population se groupe aussi auprès des établissements monastiques, qu'ils soient nouveaux (à Fontevraud, auprès de l'abbaye fondée par Robert d'Arbrissel), ou relevés de la ruine (à Saint-Florent-le-Vieil, auprès du prieuré refondé sur les restes de l'ancien monastère du Montglonne). Saumur, bastion avancé de la lutte contre les comtes de Blois, profite, le calme revenu, dans la deuxième moitié du XIe siècle, de sa situation stratégique et du développement du commerce par voie d'eau pour devenir une cité active. A Angers enfin se créent de nouveaux faubourgs sur l'autre rive du fleuve (outre-Maine: la Doutre), à l'ouest autour des nouvelles implantations monastiques de Saint-Nicolas et du Ronceray, puis à l'est au XIIè siècle autour du nouvel  l'Hopital saint-Jean l'Evangéliste, fondé sous Henri II.

Défrichements et aménagements : le recul des forêts, la création des levées

La campagne n'est pas en reste. Les besoins nouveaux de la population entraînent des défrichements progressifs. Autour d'Angers ou disparaît la grande forêt de Verrières qui cerclait la ville au nord et à l'est. A sa place s'établit une série de villages (Saint-Sylvain, Villevêque, Ecouflant, Saint-Barthelemy) bénéficiant des ressources de terres riches. Il en est de même de l'ancienne forêt du Lattay, qui couvrait les bords du Layon et marquait la frontière entre l'ancien Anjou et les Mauges, ainsi que de celle de Beaufort sur la rive droite de la Loire. Sous l'impulsion d'Henri II est d'ailleurs prise une initiative capitale pour le développement de la vallée et de l'Anjou tout entier : la construction, le long du fleuve, vers 1160-1170, d'une digue continue destinée à protéger les terres des débordements récurrents du fleuve, que l'on nommera "turcie" ou "levée". Cette construction, longue d'une quarantaine de kilomètres, s'accompagne d'une véritable politique de peuplement, le comte installant sur les terres nouvellement dégagées des hommes exemptés de service armé et d'impositions, en échange de l'entretien de l'ouvrage. De nouvelles paroisses s'établissent, comme par exemple au début du XIIIè siècle celle des Rosiers. Ainsi le réseau angevin, dense et équilibré, riche de plus de 450 implantations, est-il définitivement établi.

L'essor des productions et des échanges

Défrichements et regroupements font reculer la faim et les divers maux qui l'accompagnent. La paix, et l'essor des échanges favorisé par l'extension de la puissance territoriale des comtes, donnent à l'agriculture de nouveaux débouchés. Ainsi la culture des céréales nobles, comme l'avoine et le froment, se substitue-t-elle progressivement à celle de l'avoine et du seigle. Surtout,  la vigne prend une importance considérable, son transport par voie d'eau permettant son négoce bien au-delà du cadre local. L'exploitation des ardoises qui s'effectue à Angers et dans les terres environnantes de Trélazé et de Juigné fournit également une matière première d'exportation recherchée. Témoins de la vitalité économique de la période, la multiplication des foires et des marchés, et l'attention particulière portée au franchissement des rivières, par la construction de ponts, notamment sur la Loire à Saumur, aux Ponts-de-Cé, à Chalonnes.

La stabilité sociale

L'ensemble de la société angevine bénéficie de cette prospérité. Poursuivant l'action de ses prédécesseurs, Henri II avait définitivement contenu l'agitation récurrente des seigneurs locaux, installant sous l'autorité des sénéchaux une administration efficace et présente. Sous son règne,  l'Anjou conserve sa monnaie et ses institutions propres. Le baronnage se voit consolidé dans ses possessions, en échange de fidélité: ainsi, les seigneurs angevins, s'ils participent à la grande révolte qui soulève contre Henri II les états continentaux en 1173, au moment de la guerre entre le père et ses fils, sont plutôt moins nombreux et moins virulents que leurs voisins; de même, aucun ne profite, lors de la captivité de Richard, ou plus tard des déchirements du règne de Jean sans Terre, de l'affaiblissement du pouvoir pour relever la tête.



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