La Renaissance en Anjou

De la province d'Anjou au département de Maine-et-Loire...une indéniable continuité, une riche histoire à découvrir.

L'embellie économique

Dans la continuité prometteuse de la fin du Moyen-âge, les deux premiers tiers du XVIè siècle sont pour l'Anjou une période d'activité intense. La paix – plus de ruineuses campagnes à financer, plus de gens de guerre parcourant la province-, l'afflux monétaire provoqué par l'or d'Amérique, favorisent un appel à la production. La circulation s'effectue par voie terrestre, la route de la levée, sur la rive nord de la Loire, ayant désormais supplanté l'antique voie du sud, plus longue et plus incertaine. Mais elle s'effectue surtout par voie d'eau, le volume des échanges quadruplant durant le siècle. La Loire, puissant axe est-ouest, en est le principal vecteur, la navigation étant aux mais de l'importante "communauté des marchands fréquentant la rivière de Loire…".





Le commerce du sel est un négoce important, celui-ci étant  distribué depuis la côte atlantique jusqu'au-delà de Nevers. Autre produit traditionnel, le vin est exporté en quantité: Saumur, outre ses vins renommés, reçoit par la Vienne et le Thouet les productions du Poitou et du Thouarsais. Les vins du Layon remplacent peu à peu ceux des environs d'Angers, dont la production recule au profit d'autres cultures, céréalières notamment. Le blé angevin participe aux échanges, tout comme le chanvre, et, dans une moindre mesure, légumes et fruits. Pierre et ardoises circulent aussi, ainsi que les draps, Angers étant alors un centre drapier réputé. La prospérité est réelle, et en 1529 l'angevin Jean de Bourdigné, dans un éloge enflammé, peut décrire l'Anjou comme un pays "abondant à tout ce qui est nécessaire à la vie humaine".

Le  renouveau artistique

Les châteaux deviennent des résidences, bourgeoises ou princières, dégagées de toute fonction défensive. Ainsi Boumois, près Saumur, est reconstruit par René de Thory, tandis que s'élèvent dans le nord de la province les châteaux du Percher (à Saint-Martin du Bois) de Mortiercrolle (en Mayenne), ou dans les bois du Baugeois le très vaste ensemble de la Ville-au-Fourrier, ou encore dans le Vihiersois l'élégante demeure du Coudray-Montbault. Parmi les édifices déjà existants le Lude, ou Serrant connaissent d'importantes reprises. Mais la véritable originalité architecturale se dessine dans les villes, ou l'échevinage affirme sa puissance nouvelle en se dotant de majestueux hôtels de ville, comme à Saumur en 1508 ou à Angers en 1527. La fortune nouvelle de la bourgeoisie, marchands ou gens de robe, fait fleurir les hôtels particuliers pour lesquels les meilleurs architectes sont sollicités. Jean de Lespine, constructeur de l'hôtel Pincé est le grand nom de cette renaissance angevine. Mais l'inspiration délicate s'exprime également dans le logis d'Olivier Barrault, trésorier de Bretagne et receveur des tailles à Angers, ou dans les beaux hôtels de Thévalle, place Sainte-Croix, ou de Lancrau, rue Poquet de Livonnières. Dans un style plus familier, il faut citer la maison de l'apothicaire Simon Poisson place de la Trinité, ou les auberges du cheval Blanc, rrue Châteaugontier, ou de la tête noire, rue Saint-Aubin.

La floraison intellectuelle et littéraire

La véritable réussite de l'Anjou est intellectuelle et littéraire. L'imprimerie est installée depuis 1477, et la production est active tant à Angers qu'à Saumur. A Angers vit et travaille l'un des plus grands graveurs du temps, René Boivin (v.1525-1625).  L'université d'Angers est à son apogée, attirant des étudiants venus de toute l'Europe et notamment de Grande-Bretagne. Les juristes Guillaume Poyet, François Grimaudet, Pierre Ayrault, portent haut la réputation de la province. Mais le premier d'entre eux est sans conteste Jean Bodin (1530-1596), intuitif et novateur, qui n'hésite pas à analyser dans sa "Démonomanie des sorciers", la vogue de la sorcellerie, et s'interroge dans sa "Lettre à M.de Malestroit" sur l'influence de la découverte du Nouveau Monde et de l'afflux de métaux précieux qu'elle engendre sur l'expansion démographique et économique. Surtout, tout en prônant la modération religieuse, il soutient, dans son œuvre majeure "Les six livres de la République", que la royauté détient un pouvoir délégué et non de droit divin, thèse qu'il fait approuver en 1576 par les Etats de Blois.

Dans un registre plus léger, la musique est illustrée par Clément Janequin, qui passa dix-huit ans en Anjou (1531-1549), et la littérature par les délicats poètes de la Pléiade, avec au premier rang d'entre eux Joachim Du Bellay (1524-1560), dont les sonnets et la référence à sa terre natale de Liré ont immortalisé l'âme de la province.



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