La sensibilité au progrès

De la province d'Anjou au département de Maine-et-Loire...une indéniable continuité, une riche histoire à découvrir.

Désenclavement et modernisation des campagnes

L’ouverture de nouvelles routes, et notamment des rectilignes "routes stratégiques " de 1832 à 1837 en Segréen et dans les Mauges après  l’insurrection de la duchesse de Berry facilitent la modernisation de l’agriculture. L’installation, à partir de 1848, d’un réseau ferré qui relie Angers à Nantes en 1852, Angers à Paris via Le Mans en 1856, Angers à Cholet en 1863 achève le désenclavement et fournit l'intermédiaire indispensable à l'exportation des produits. Alors que reculent des cultures traditionnelles comme le lin et, plus tard, le chanvre, d’autres prospèrent, à commencer par la vigne, que le phylloxéra, qui touche l'Anjou de 1880 à 1891, ne compromet que temporairement. Une partie de la récolte est, depuis 1834, champagnisée dans les caves de Saumur. La vallée se spécialise dans les cultures maraîchères, florales, fruitières, grainetières et les pépinières, et le département devient l’une des principales régions horticoles de France. La transformation la plus spectaculaire est sans doute celle des pays de l’Ouest, Segréen et Mauges, où le chaulage confère la fertilité aux terres siliceuses et « froides ». L’élevage prend, lui aussi, un nouveau départ : des propriétaires avisés, tel, à Bourg-d’Iré, M. de Falloux, croisent le bétail local avec la race anglaise de Durham ; tandis que chevaux et porcs du Segréen acquièrent une réputation méritée.

Les atouts industriels

Si l’agriculture, ainsi rénovée, demeure l’activité essentielle, de remarquables efforts sont également accomplis dans le domaine industriel. Si l’industrie textile disparaît en Segréen et ne se maintient que péniblement à Beaufort jusqu’en 1862, en revanche, elle s’adapte aux conditions nouvelles à Angers, où les établissements Bessonneau emploient encore des milliers d’ouvriers à la veille de la seconde guerre mondiale et à Cholet, où la substitution du coton au lin et la mécanisation, poursuivie après 1865 grâce à des machines anglaises, permettent de maintenir la réputation du « petit mouchoir » et d’employer encore près de 20 000 ouvriers au début du XXe siècle. A partir de 1880 l'industrie de la chaussure, appelée à un brillant avenir, prend son essor.
Les industries extractives sont également des points forts de l'activité angevine. Le déclin des houillères de Chalonnes, longtemps favorisées par la demande des fours à chaux, ainsi que des forges de Pouancé, victimes du traité de commerce franco-anglais de 1860, est compensé par la prospérité des ardoisières de Trélazé et du Segréen (177 000 tonnes extraites en 1927) et des mines de fer de Segré (350 000 tonnes en 1928). Enfin, des petites industries traditionnelles parviennent à se maintenir, telle la bijouterie religieuse de Saumur, qui exporte dans le monde entier, et les liqueurs angevines (maisons Cointreau à Angers ; Combier, à Saumur) universellement renommées.

Le prix des mutations

Ces efforts d’adaptation industrielle ne se font cependant pas sans crises. La navigation sur la Loire, modernisée par les bateaux à vapeur après 1829, ne survit pas à la concurrence du rail: l’Anjou se trouvé privé du maître-atout économique que la Loire avait constitué pendant des siècles. En dépit de concentrations capitalistes comme dans les ardoisières après 1891, les entreprises angevines, souvent familiales, demeurent particulièrement sensibles à la concurrence étrangère et aux variations de la conjoncture. La population va chercher hors des campagnes, voire hors du département, une prospérité que le terroir ne peut lui offrir. De 404 134 habitants en 1806, le Maine-et-Loire passe à 532 325 en 1866. Malgré une forte natalité ce nombre ne cesse ensuite de décroître jusqu'en 1940, pour tomber à 474 786 en 1921. L’exode vers Paris s’accompagne d’un exode interne vers Angers, qui passe de 32 748 habitants en 1831 à 85 602 en 1931, alors que les bourgs et petites villes (sauf Cholet, qui détrône en 1857 Beaupréau comme capitale des Mauges) demeuraient stationnaires. Les ruraux demeurés à la terre souffraient de l’exiguïté des exploitations, trop lentement modernisées, et du régime du métayage qui freinait les initiatives.



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