La tradition conservatrice

De la province d'Anjou au département de Maine-et-Loire...une indéniable continuité, une riche histoire à découvrir.

Le  paradoxe angevin

Le XIXe siècle, et même le XXe siècle jusqu’à la seconde guerre mondiale, se caractérise par la coexistence de deux aspects opposés de la personnalité angevine. D’une part, le Maine-et-Loire se signale par son conservatisme politique, d’autre part, il se montre résolument ouvert à l'innovation et au progrès. Cette contradiction est au cœur de l'identité angevine, mais ne se vit pas sans heurts. En dépit de moments d'unité, notamment autour de l'œuvre de David d'Angers qui élève, lui le républicain, un monument en l'honneur du vendéen Bonchamps, ou s'engage pour édifier une monumentale statue en l'honneur du roi René, les antagonismes hérités des affrontements de la Révolution ne disparaissent pas de sitôt, entretenus par le souvenir et par l’influence de l'aristocratie.






La persistance des idées "vendéennes"

Dans les Mauges et en Segréen surtout la noblesse est revenue sur ses terres et les fractures anciennes  ne tardent pas à revivre. Après le bon accueil fait à Napoléon et Marie-Louise visitant Angers et Saumur en 1808, le conflit entre l'empereur et le pape, le poids de la conscription et la disette de 1812 mécontentent à la fois possédants et paysans. En 1814, le duc d’Angoulême est accueilli avec enthousiasme à Angers, et pendant les Cent jours, les chouans soulevés par le comte de Beaumont d’Autichamps, vont jusqu'à s’emparer de Baugé. Envoyé sur place, le général Lamarque en vient à bout sans peine. Les lendemains de Waterloo sont marqués par l'occupation prussienne, qui s'installe en Anjou du 2 août au 23 septembre 1815. Sous la Restauration les ultras triomphent. Le souvenir de l'insurrection est célébré: cérémonies, monuments etc. Cependant, l'opposition existe : en 1820, c'est à Saumur que la société secrète des « chevaliers de la liberté » se fonde; et c’est à Saumur encore que, deux ans plus tard, le général Berton, affilié à la « Charbonnerie », fomente un complot sévèrement réprimé.

La stabilité des choix politiques

Les événements de 1830 et de 1848 remettent au premier plan, pour peu de temps, les hommes et les idéaux de 1789. L’orientation politique allait-elle s’infléchir ? En fait, dès 1832, l’insurrection fomentée par la duchesse de Berry, où le fils de Cathelineau fut tué au combat, avait attesté, malgré son rapide échec, la persistance de l’esprit vendéen dans les campagnes. Aux élections de 1849, la bourgeoisie rejoint la noblesse et les ruraux pour faire triompher les conservateurs, majoritaires sans interruption sous le Second Empire. La transition de 1870, pendant laquelle Angers fut l’une des bases de l’armée de la Loire et échappa de peu à la guerre, ne changea pas cet équilibre. Sous la IIIe République, les conservateurs ne cessèrent de l’emporter. Il serait inexact cependant de penser le département uniforme. De notables divergences, en matière électorale et religieuse se maintiennent entre l'est du département (Saumurois et Baugeois), à tradition républicaine voire anticléricale, et l'ouest (Mauges et Segréen), traditionnalistes à tous égards. A Angers, le mouvement ouvrier s'organise peu à peu. Sous l’égide d’une société secrète, « la Marianne », les « perrayeurs » de Trélazé avaient marché sur Angers en 1855, et une dure répression avait suivi leur échec. A partir de la fin du siècle, nait et se structure un solide et actif syndicalisme, sous la conduite de Ludovic Ménard.

L'omniprésence de l'Eglise catholique

L’épiscopat avait été quelque peu gêné dans son action, sous Mgr Montault Desisle (( 1840), par le passé de cet évêque « intrus » et concordataire. Mgr Angebault (1842-1869), ancien élève du collège de Beaupréau, tint son clergé d’une poigne ferme, bâtit près de deux cents églises néo-gothiques, rédigea des statuts synodaux, réorganisa les fabriques paroissiales, multiplia les congrégations charitables et enseignantes et les écoles libres, aidé par la « loi Falloux », ce dernier étant député de Segré. Cette œuvre fut poursuivie sous Mgr Freppel (1869-1891), qui, après 1880, fut député de Brest : cet Alsacien d’Obernai fonda l’université catholique d’Angers (1875), la première instituée en France depuis la Révolution. Le long épiscopat de Mgr Rumeau (1898-1940), suivit la ligne traditionnelle.

La tradition dans l'enseignement et la culture

La politique scolaire et religieuse de la IIIe République contribue puissamment à renforcer dans ses convictions le conservatisme angevin. L'aristocratie est le défenseur de l'école confessionnelle majoritaire notamment dans les Mauges, La loi de séparation des l'Eglises et de l'Etat exacerbe les rivalités, provoquant des manifestations massives et des affrontements qui radicalisent les comportements, notamment électoraux. En littérature, les grands noms de l’Anjou d’avant 1940 sont des tenants de la tradition actholique et classique : l’académicien René Bazin (1853-1932), la sage romancière Mathilde Alanic (1868-1948), l’Angevin d’adoption Jean de la Brète, auteur de  Mon oncle et mon curé. Dans les arts, après le grand sculpteur David d’Angers (1788-1856), que la critique moderne tend à considérer davantage comme un classique tardif que comme un romantique, l’Anjou ne fait pas preuve d'innovation avec les peintres Bodinier (1795-1872) et Lenepveu (1819-1892).



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