L'administration provinciale sous l'ancien régime

De la province d'Anjou au département de Maine-et-Loire...une indéniable continuité, une riche histoire à découvrir.

Le maintien théorique de l'apanage

Si la tradition de la dévolution de la province en apanage à un prince du sang se maintient jusqu'à la Révolution, cette mesure n'est qu'apparence. Plus de dynastie héréditaire, plus de pouvoir réel ni d'autonomie. L'apanage ne représente plus qu'un titre -celui de duc d'Anjou- et une source de revenus. Au XVIè siècle, la province échoit successivement à Louise d'Angoulême, mère du roi  François Ier (1515-1531), puis à Henri, futur roi Henri III (1552-1573), puis à son frère François, futur François II (1576-1584). Au XVIIè siècle après une assez longue interruption due aux divers troubles de la Réforme, puis du règne de Louis XIII, Louis XIV reprend la tradition en faveur de son petit-fils Philippe, futur roi d'Espagne Philippe V, qui sera le dernier prince à porter le titre de duc d'Anjou. A la fin de l'Ancien Régime en effet, la dévolution  du titre ne représentera plus qu'une dotation fiscale.

La spécialisation de l'administration : la fonction judiciaire

L'emprise grandissante de l'administration est le second fait marquant de l'évolution institutionnelle. La sénéchaussée, dans l'étendue de laquelle s'exerçait autrefois le pouvoir d'ordre assez généraliste du sénéchal, se concentre désormais sur les fonctions judiciaires tandis que se créent successivement, par détachement, les sénéchaussées de Saumur (1544) de La Flèche et de Château-Gontier (1589). Par la suite, la création de sénéchaussées à Baugé et Beaufort portera à six le nombre de ces circonscriptions. Lorsqu'en 1552 les principaux sièges de justice se voient ériger en cours supérieures, sous le nom de présidiaux, trois sièges accèdent à ce rang en Anjou. Angers bien sûr, puis en 1595 La Flèche, et en 1639 Château-Gontier. Ces cours encadrent les nombreuses justices seigneuriales, qui connaissent des causes de proximité. Une juridiction consulaire est créée à Angers en 1564, à Saumur en 1596 (elle disparaîtra après la révocation de l'Edit de Nantes). En appel, les causes sont soumises au parlement de Paris. En matière de jurisprudence, l'autonomie est tout aussi symbolique: si la coutume d'Anjou est confirmée en 1508, et fait l'objet jusqu'à la Révolution d'incessantes études et commentaires, en revanche les "Grands Jours" tenus à Angers en 1532 affirment la prééminence de la justice royale sur tout autre.

La fonction militaire

Elle échappe également au sénéchal, dont le rôle n'est plus désormais qu'honorifique. Le titre continue à être attribué à un gentilhomme qui conserve son rang dans les préséances. Mais c'est au gouverneur d'Anjou d'exercer le pouvoir réel. En 1589, les conséquences de l'Edit de Nantes qui reconnaît Saumur comme place protestante motive la création, par détachement du gouvernement militaire de l'Anjou, d'un gouvernement militaire du Saumurois qui couvre aussi les territoires de Loudun et Mirebeau, et est confié lors de sa création à une personnalité d'envergure, Philippe Duplessis-Mornay. Saumur lui devra d'être, au siècle suivant, une ville dont la réputation intellectuelle, par son Académie protestante, dépassera les frontières du Royaume.

La fonction financière

La chambre des comptes d'Anjou, qui symbolisait l'autonomie provinciale, avait été supprimée dès la fin du XVe siècle. En matière administrative et financière, se consolident alors des circonscriptions nommées élections, du nom du collège d'élus appelé à fixer l'assiette de l'impôt. Au milieu du XVIe siècle ces "élections" se trouvent regroupées en  "généralités", l'Anjou étant comprise dans une vaste généralité de Tours comprenant également Touraine et Maine. A partir de 1618, ces généralités sont placées sous l'autorité d'un intendant, représentant du roi aux pouvoirs étendus.

La fonction municipale

Les principales villes sont dotées d'un échevinage: Saumur dès 1466, Angers depuis 1475, Baugé, Beaufort, La Flèche, Château-Gontier également. Mais ces municipalités, aux mains de notables, n'ont qu'un pouvoir limité d'organisation et de police, les privilèges d'Angers se voyant encore restreints après les troubles de la Fronde.

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