Le bilan contrasté du siècle de Louis XIV

De la province d'Anjou au département de Maine-et-Loire...une indéniable continuité, une riche histoire à découvrir.

Les progrès économiques

Si la pauvreté demeure l'image dominante de l'Anjou de la seconde moitié du XVIIe siècle, les encouragements donnés par Colbert à une économie balbutiante ne sont pas sans effets, prometteurs pour l'avenir: le service d'entretien des levées de la Loire est réorganisé, et les ouvrages consolidés, confortant la Loire comme première voie commerciale des provinces de l'ouest. Les échanges se développent avec la Hollande, principalement pour le vin et les fruits. La vitalité de la demande incite les riverains à développer des vins de qualité, tandis que les produits médiocres sont convertis en eau-de-vie et également exportés. Les efforts de Richelieu et de Colbert en faveur de la marine entraînent le développement de nouvelles cultures destinées aux manufactures royales, comme le lin et le chanvre, qui s'implantent dans la Vallée. En 1648 la fabrication des toiles est déclarée libre à Angers; en 1662 les cordiers d'Angers reçoivent commande royale pour les besoins de l'arsenal de Rochefort. Les activités extractives, notamment celle de l'ardoise, demeurent actives mais restent artisanales et pénalisées par l'absence de toute capitalisation financière.

La vitalité intellectuelle

Malgré la pesanteur de l'absolutisme royal, l'Anjou reste un foyer intellectuel et culturel qui compte des personnalités de premier plan: parmi eux les explorateurs et géographes François Bernier (1620-1688), ami de Gassendi, et François Le Gouz de la Boulaye (1623-1668), qui voyagent au Moyen-Orient et en Inde et en rapportent des récits qui rencontrent une notoriété qui dépasse grandement le cadre de la province. Dans le domaine des lettres, le personnage le plus notable est sans conteste le poète et historien Gilles Ménage (1613-1692),  qui paracheva l'instruction de Mme de Sévigné et de Mme de Lafayette. Une Académie, sur le modèle de l'Académie française, avait d'ailleurs été fondée à Angers par privilège royal en 1685. L'université  n'a plus l'éclat du siècle précédent, mais poursuit ses activités, particulièrement en droit, avec le jurisconsulte Claude Pocquet de Livonnière, qui prend la suite de ses aînés Pierre Ayrault (1536-1601) et Gabriel Du Pineau (1573-1644), manifestant ainsi la continuité de l'Ecole angevine notamment dans le commentaire de la coutume.

Les Angevins outre-mer

Le développement des colonies encouragé par le Roi fait aussi sentir ses  effets: l'initiative la plus originale est sans contexte celle d'un notable de La Flèche,  Jérôme le Royer de la  Dauversière, qui est en 1642 l'un des associés fondateurs de la ville de Montréal. La congrégation Fléchoise des Hospitalières de Saint Joseph,  qu'il a fondée dans cette ville peu auparavant, sera entraînée outre-Atlantique, ou elle assumera la charge de l'hôpital de Montréal dès sa fondation, avant de s'implanter largement et durablement au Canada. Tout aussi importante est l'œuvre de Bertrand Ogeron de la Bouère (1613-1675), premier gouverneur des Iles de la Tortue et de Saint-Domingue. Suivant son exemple, de nombreuses familles angevines seront possessionnées dans les Iles des Antilles aux XVIIè et XVIIIè siècle.

La vie religieuse sous l'épiscopat d'Henri Arnault

Enfin, en matière religieuse, le grand évêque Henri Arnauld (1597-1692) marque le diocèse de son empreinte. Frère du grand Arnauld et de Mère Angélique, proche de Pascal et du courant janséniste de Port-Royal, il accède en 1649 à l'épiscopat angevin. Inlassable et strict réformateur, il établit un séminaire pour la formation du clergé, publie un catéchisme du diocèse, réunit régulièrement ses ministres en synodes et affirme son gouvernement par de nombreux mandements. Il encourage, et même impose la réforme aux établissements conventuels qui ne l'avaient pas encore adoptée: ainsi les abbayes de Saint-Aubin, Saint-Maur-sur-Loire et Saint-Nicolas rejoignent-elles la congrégation de Saint-Maur, tandis que les dernières, parmi lesquelles La Roe, sont invitées à rejoindre d'autres congrégations réformées.

Fontevraud est alors la seule abbaye à se tenir à l'écart de son influence: le roi nomme à la tête de l'ordre Gabrielle de Rochechouart, sœur de madame de Montespan. L'abbesse exerce avec droiture un gouvernement respecté, partageant son temps entre Paris et l'Anjou, apportant dans son abbaye un peu de l'effervescence intellectuelle de la cour. Henri Arnauld déploie aussi une action charitable, établissant à Angers des fondations nouvelles vouées à ce but : dames de la Croix, rue Lionnaise, de la Providence, rue de l'Hommeau, et première maison du Bon Pasteur, rue saint Nicolas en 1692. Le Mont-de-Piété est fondé à son initiative en 1684.



La révocation de l'Edit de Nantes, en 1685, fut cruellement ressentie à Saumur. La destruction du temple, suivie de celle des temples d'Angers-Sorges et de Baugé, la fuite des familles protestantes marquèrent les esprits, plus qu'elles ne causèrent de conséquences économiques dans une province ou elles constituaient une communauté intellectuellement plus influente que nombreuse.

Actualités

Journées du patrimoine : Le Département ouvre sept propriétés !

Samedi 19 et dimanche 20 septembre, les angevins pourront profiter des Journées européennes du...


20.04.2011

Le millénaire de Baugé

En 2011, Baugé commémore ses 1000 ans d’existence. Un événement que la ville entend fêter de bien...


19.09.2012

Par ici la sortie

Cinéma, musique, théâtre, patrimoine… le Département de Maine-et-Loire et ses partenaires offrent...


© Département de Maine-et-Loire - Tous droits réservés