Le renouveau catholique : la contre-Réforme

De la province d'Anjou au département de Maine-et-Loire...une indéniable continuité, une riche histoire à découvrir.

La rénovation des ordres anciens

Dès le début du XVIIè siècle, les effets de la contre-réforme catholique se font sentir avec force en Anjou. Ils provoquent le retour des communautés anciennes vers une plus stricte observance, mais surtout  entraînent la création de nouveaux établissements, relevant d'ordres nouveaux qui implantent en Anjou des maisons, ou plus rarement de fondations d'initiative locale.
Les abbayes de femmes sont les premières à se réformer, à Nyoiseau, au Ronceray. L'évêque Claude de Rueil  (1628-1648) entraîne les trois grandes abbayes d'hommes à adhérer au mouvement réformateur de la Congrégation de Saint-Maur: Saint Serge en 1629, Bourgueil en 1630, Saint-Florent de Saumur en 1637. Mais certaines habitudes restent ancrées: la commende ne disparaît pas. Mazarin fut ainsi, durant huit ans, abbé commendataire de Saint-Florent de Saumur, preuve que malgré les difficultés du temps les revenus de la plus puissante abbaye de l'Anjou étaient encore suffisants pour constituer une proie au plus haut niveau de l'Etat.

Les nouvelles fondations à Angers

Mais le mouvement le plus spectaculaire est l'éclosion des fondations nouvelles, principalement dans les villes. A Angers, quatre nouveaux couvents d'hommess'établissent: les Récollets en 1596, d'abord dans l'ancien couvent de La Baumette; les Capucins en 1597, dans le quartier de Reculée; les Minimes en 1614, et les Oratoriens en 1619, qui prendront la direction du collège d'Anjou. Les communautés de femmes sont encore plus nombreuses: les Filles-Notre-Dame, à l'Hôpital général en 1615, les Ursulines en 1618, les Calvairiennes en 1619, les Carmélites en 1626, les sœurs de la Fidélité en 1632, les Bernardines en 1637, les Visitandines en 1639. Dans les années qui suivent se rajoutent encore deux communautés à vocation hospitalière qui prendront à Angers une importance particulière: les Filles de la Charité de Louise de Marillac s'installent à l'Hôtel-Dieu, ou Saint Vincent de Paul viendra les visiter en 1649, et les Pénitentes  prennent en charge, à partir de 1642, les filles repenties dans une ancienne maison de l'abbaye Saint-Nicolas qui porte encore leur nom aujourd'hui.

Les nouvelles fondations hors d'Angers

A Saumur les fondations sont également nombreuses: les Récollets, les Capucins, les Carmes, et surtout les Oratoriens qui fondent, sur le plateau des Ardilliers qui jouxte la Loire, un collège qui connaîtra une grande renommée. Pour les femmes, les Ursulines, les Bénédictines de la Fidélité, et surtout les Visitandines. Les autres villes de la province ne sont pas en reste: à La Flèche s'installent des Récollets, des Carmes, mais surtout les Jésuites, qui se voient confier la charge du collège royal fondé par Henri IV dans un prieuré de l'abbaye de Mélinais, qui devait atteindre la plus haute réputation; et pour les femmes des Cordelières, des Fontevristes, des Filles Notre-Dame et surtout des Visitandines. Des Capucins, des Bénédictines, fondent aussi des maisons à Baugé, tout comme les Récollets à Beaufort-en Vallée, les Ursulines à Château-Gontier, Saint-Florent-le-Vieil et Les Ponts de Cé.

La rénovation architecturale

La renaissance catholique s'exprime aussi dans l'architecture. Tous les édifices anciens sont concernés. L'abbaye de Nyoiseau est profondément modifiée, même si n'en subsiste aujourd'hui que le logis de l'aumônier L'hôtel abbatial de Bourgueil est reconstruit et les appartements abbatiaux de  Saint-Aubin à Angers subissent de profondes évolutions. Dans la Doutre, les couvents des Calvairiennes et des Carmélites, toujours subsistants, donnent la mesure de la place occupée dans la ville par les communautés nouvellement implantées. Plus tard on reconstruira les bâtiments conventuels de Saint-Serge et du Ronceray, ainsi qu'au long de la Loire ceux de Saint Georges et de Saint Maur.
Saumur, avec les Ardilliers, présente un cas particulier. Le très bel ensemble que constitue la monumentale église en rotonde et le couvent attenant sont dus à la munificence de plusieurs mécènes: en effet lorsque Richelieu  tombe gravement malade au cours d'un voyage dans le midi, il invoque, dit-on, la Vierge des Ardilliers, et en remerciement de sa guérison dote l'édifice suffisamment pour prévoir un agrandissement majestueux; ensuite Abel Servien, surintendant des Finances, qui sera enterré dans l'église avec sa femme, poursuit l'œuvre par le collatéral sud et le début de la rotonde.

Deux villes particulièrement marquées : Baugé et La Flèche

Les deux villes de Baugé et de la Flèche portent aussi la marque de la renaissance du premier XVIIe siècle. A Baugé, les couvents des Capucins, achevé en 1611, mais aussi celui des Bénédictines, qui abrita jusqu'à sa suppression en 1926 la sous-préfecture, en sont encore les traces visibles aujourd'hui, ainsi que l'église paroissiale et l'hôpital, desservi par la congrégation des hospitalières de Saint-Joseph. A La Flèche, le collège royal, aujourd'hui Prytanée est commencé en 1607. La ville a conservé en outre les établissements des Carmes, des Visitandines (ancien hôpital), des Récollets (sous-préfecture), des Filles Notre-Dame (ancien petit séminaire), ainsi que l'église Notre-Dame des Vertus, reconstruite par les Jésuites au milieu du XVIIe siècle. Ainsi le renouveau de l'observance s'accompagne-t-il d'un ample mouvement de rénovation architecturale qui modifie profondément le paysage de l'Anjou en le dégageant de son héritage médiéval.

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