Le renouveau religieux au XIIe siècle

De la province d'Anjou au département de Maine-et-Loire...une indéniable continuité, une riche histoire à découvrir.

Le relèvement des abbayes après les invasions

La vitalité des établissements religieux, en un temps ou la société tout entière vit au rythme de leur présence et de leurs réseaux, constitue l'une des conditions essentielles du retour à la prospérité. Dans un premier temps, se reconstituent les grandes abbayes détruites ou abandonnées lors des invasions normandes. Les moines de Saint-Florent, qui avaient fui le Montglonne envahi, se réinstallent à Saumur au milieu du Xe siècle avec les reliques de leur fondateur, puis, après l'attaque de leur monastère par Foulques Nerra en 1026, se fixent à quelques encablures à Saint-Hilaire, en un lieu désigné, dit la légende, par le saint lui-même. L'abbaye Saint-Florent devient alors, au XIIe siècle, l'une des plus puissantes de l'Anjou, comptant plus de cent prieurés répartis dans cinquante diocèses. Parmi eux Saint-Florent du Montglonne, ou Saint-Florent el Vieil, qui perpétue la tradition monastique sur le lieu de l'ancienne fondation. A Saint-Maur, dont les moines avaient gagné les abords de Paris, l'abbaye est aussi relevée sur le même site. A Angers, l'abbatiale Saint-Aubin est reconstruite après l'incendie de 1032 dans des proportions grandioses, la règle bénédictine réintroduite. A Saint-Serge, dont les terres en bord de Maine avaient été saccagées et abandonnées, la communauté monastique est réintroduite dès l'an mil.

Nouvelles fondations comtales et multiplication des prieurés

Mais le relèvement des anciennes abbayes s'accompagne également d'un ample mouvement de création, essentiellement d'obédience bénédictine. Après Foulque Nerra qui fonde à Angers les abbayes de Saint-Nicolas (hommes), et de Notre-Dame-de-la-Charité, dite du Ronceray (femmes), qui reconstruit l'église Saint-Martin d'Angers et y installe un chapitre de treize chanoines, Geoffroy Martel fonde la Trinité de Vendôme, et installe un chapitre dédié au service de la chapelle du château d'Angers, sous le vocable de Saint-Laud. Au sud, l'abbaye d'Asnières, près de Montreuil-Bellay, née au début du XIIè siècle d'une fondation de Saint-Bernard de Tiron, prend de l'importance en devenant, après 1155, la nécropole des seigneurs du lieu. L'Anjou se couvre alors de très nombreux prieurés, qui participent au renouveau économique et à la stabilité sociale. La règle bénédictine, réformée par saint Benoit d'Aniane au IXè siècle, met l'accent sur la majesté des édifices et l'importance de la liturgie. Ces orientations s'expriment dans les constructions nouvelles, souvent de grande ampleur. La richesse du décor (chapiteaux de Cunaud, peintures murales de Saint-Aubin d'Angers), l'attention portée à la liturgie (manuscrits de Saint-Aubin et de Saint-Serge d'Angers) participent de cette recherche de célébration.

Une création originale: Fontevraud

Si le XIe siècle avait été essentiellement placé sous l'égide des bénédictins, le siècle des Plantagenêt voit se développer de nouvelles formes de vie régulière, marquées par un désir de retour à la simplicité des premiers temps évangéliques. Cette aspiration trouve sa meilleure expression en Anjou avec la fondation, à l'aube du XIIe siècle, de l'ordre de Fontevraud. Son fondateur, Robert d'Arbrissel, originaire du diocèse de Rennes, avait déjà établi sur ces principes vers 1090 dans la forêt de Craon l'abbaye Notre-dame de la Roë, ou s'était assemblée une communauté nombreuse. Poursuivant sa quête d'absolu, Robert avait repris à la demande du pape Urbain II sa route de prédicateur et parcourait, en 1096, la campagne angevine, suscitant une grande adhésion populaire. Aussi installe-t-il vers 1101, à la lisière des trois diocèses d'Angers, Tours et Poitiers, un nouveau monastère dans un vallon boisé, à peu de distance de la Loire. Composée essentiellement de femmes, la nouvelle fondation et l'ordre original qui en découle devient, au XIIè siècle, l'un des plus importants réseaux monastiques de l'Anjou, implantant des prieurés jusqu'en Angleterre et en Espagne et édifiant, sur le site de l'abbaye-mère, une véritable cité monastique ou hommes et femmes, qui vivent séparés, sont toutefois placés, par le choix de Robert, sous l'autorité d'une femme.

Fontevraud, nécropole des Plantagenêt

La faveur des comtes d'Anjou est immédiate. L'une des premières abbesses, Mathilde d'Anjou, n'est autre que la propre fille de Foulque de Jérusalem. Henri II et Alienor ne ménagent pas leur soutien à l'abbaye, la dotant en biens et en réputation. Et lorsque meurt Henri, en 1189, c'est à Fontevraud qu'Aliénor décide de faire édifier sa sépulture, premier geste marquant le choix de l'abbaye angevine comme nécropole de la dynastie, puisque suivront Richard, en 1199, puis la jeune Isabelle d'Angoulême, épouse de Jean sans Terre, et Aliénor elle-même qui s'y retire et y meurt parmi les moniales en 1204. Mais parallèlement au développement de sa notoriété, l'abbaye s'écarte peu à peu de l'idéal d'austérité de son fondateur, tandis que son recrutement devient plus aristocratique.

Les autres formes de vie religieuse 

La fondation de Fontevraud n'est que le signe le plus visible d'un renouveau religieux de très grande ampleur, qui irrigue l'ensemble du territoire angevin :
A Nyoiseau, dans un lieu reculé du Segréen, un disciple de Robert d'Arbrissel, Salomon, fonde en 1109 un établissement qui se rapproche de l'observance bénédictine.
Les cisterciens, suivant le modèle donné par Bernard de Clairvaux, suscitent la fondation de quatre établissements tous placés sous le patronage de Notre-Dame, au Louroux (près de Vernantes), à Pontron (près du Louroux-Béconnais), à Chaloché (près de Chaumont-d'Anjou), à La Boissière (près de Dénezé-sous le Lude). Seuls quelques vestiges en subsistent aujourd'hui, au Louroux (porte d'entrée), à la Boissière, à Chaloché (bâtiments claustraux et partie de l'église abbatiale). Mais d'autres ensembles de cette obédience ont subsisté dans les territoires angevins, comme à Clermont, près de Laval, et à l'Epau, près du Mans.
L'attraction cistercienne, bien que diminuée, se fait sentir encore au siècle suivant lorsqu'en 1247 une abbaye bénédictine de femmes, le Perray-aux Nonnains (près d'Ecouflant) en adopte la règle.
Un autre ordre, très répandu en Aquitaine, essaime significativement en Anjou, avec la protection des Plantagenêt et plus particulièrement d'Henri II, l'ordre de Grandmont. Initié en Limousin par Etienne de Muret, fils du vicomte de Thouars, l'ordre compte en Anjou trois fondations, à la Haye-aux-Bonshommes (près d'Avrillé), à Breuil-Bellay (près de Cizay-la-Madeleine), à la Primaudière (près de La Prévière). Quant à l'ordre des prémontrés fondé par saint Norbert, il  suscite une fondation sur la commune de Précigné dans la Sarthe (Bois-Renoul, puis Perray-Neuf).
Des communautés se créent enfin sous forme de chapitre, sous la règle de Saint-Augustin. Tel est le cas de l'abbaye Toussaint à Angers, fondée au début du XIIè siècle par l'évêque Renaud de Martigné, puis de celle fondée à Saint Georges sur Loire au milieu du siècle par le seigneur du Plessis-Macé, puis dans le Maine de celle du Mélinais.
Enfin, les ordres militaires apportent aussi leur contribution à ce véritable foisonnement religieux. Les lieux-dits "l'Hôpital" (comme à Saulgé-l'Hôpital), ou "le Temple", des vestiges comme la chapelle Saint-Jean à Saumur, en sont aujourd'hui les seuls témoins. En effet ces fondations fragiles n'ont souvent pas résisté au déclin des ordres hospitaliers dans la  seconde moitié du Moyen-âge.

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