Les derniers feux de la province avant la Révolution

De la province d'Anjou au département de Maine-et-Loire...une indéniable continuité, une riche histoire à découvrir.

L'Anjou, apanage de Monsieur, frère du roi

Après une interruption de près de trois quarts de siècle, le titre de duc d'Anjou est dévolu le 14 mai 1771, jour de son mariage, à Louis-Stanislas-Xavier, premier des frères de Louis XVI, qui plus tard montera sur le trône sous le nom de Louis XVIII. Mais si le duc perçoit les revenus de son duché, il ne dispose pas de droits de suzeraineté, qui restent au roi. C'en est bien fini de la dévolution féodale. Cependant la province bénéficie d'un peu de son prestige: le quatrième fils du Grand Dauphin et de Marie-Josèphe de Saxe est le plus brillant des frères du roi. Il tient une cour personnelle, réunit académiciens, savants, artistes, rédige notes et mémoires et encourage les institutions savantes et les arts. L'Anjou lui doit son premier titre de presse, les " Affiches d'Angers, capitale de l'apanage de Monsieur", différentes initiatives économiques comme le percement du "canal de Monsieur" (reliant le Layon à la Loire), et le réveil de son Académie.

Une administration de haut niveau

Administrativement l'Anjou est quadrillé par les agents du roi.  Alors qu'au XVIIe siècle les intendants ne demeuraient pas en charge plus de trois ans, la tendance s'inverse avec Thomas de Miromesnil (1689-1704), auteur d'un célèbre rapport sur l'état de la province. Au XVIIIe siècle ils s'installent davantage dans la fonction, et se comportent en véritables gouverneurs territoriaux comme Gaspard Lescalopier, sieur de Liancourt, (1756-1766) François-Pierre du Cluzel, marquis de Montpipeau (1766-1783) ou Nicolas d'Aine, (1783-1789). L'intendant s'appuie sur les relais locaux que sont ses subdélégués, placés à la tête des six circonscriptions financières nommées élections. Certains subdélégués sont de remarquables administrateurs, comme à Cholet, Jacques-Louis Bourasseau, subdélégué de 1767 à 1781, ou à Angers Charles-Jean Poulain, sieur de La Marsaulaie, associé à son père et qui lui succède jusqu'à la Révolution. La correspondance qu'il entretient pendant trente ans avec les intendants successifs témoigne de sa compétence et de sa haute idée des affaires publiques.

La pression fiscale

Cette haute administration domine tout un peuple d'officiers, d'hommes de loi et de sergents, qui fait fonctionner sénéchaussées, juridiction consulaire, prévôtés, eaux et forêts, et greniers à sel. Cette dernière institution, particulièrement impopulaire, prélève la gabelle, l'impôt du sel. L'Anjou est en effet pays de grande gabelle, c'est-à-dire d'impôt élevé, alors que la Bretagne voisine en est dispensée et que le Poitou bénéficie d'un régime particulier plus favorable. La pression du fisc est forte: outre Angers, il y a des greniers à sel à Candé, Ingrandes, Saint-Florent-le-Vieil, Cholet, Vihiers, Saumur, Brissac, Baugé, La Flèche. Une chasse impitoyable aux contrebandiers et faux-saulniers est faite par les quelques 670 employés de la gabelle dénombrés à la veille de la Révolution. Il n'est pas étonnant dans ces conditions que tous les cahiers de doléances demandent avec insistance la suppression de cet impôt perçu comme injuste et confiscatoire.

La foule des hommes de loi

Les hommes de loi ne sont pas moins nombreux. Angers compte 28 magistrats, 37 praticiens du droit, 30 avocats, 22 notaires, 29 huissiers, 12 greffiers, 9 feudistes. L'université maintient quatre chaires de droit, mais connaît un long déclin commencé dès le XVIIè siècle, à peine masqué par la présence de quelques personnalités comme Pocquet de Livonnière (fils), qui succède à son père en occupant jusqu'en 1762 la chaire de droit français.

La présence militaire

Le gouvernement militaire enfin n'est plus, en ce temps pacifié, qu'un titre creux. Le gouverneur ne réside pas et est représenté par  des lieutenants. On en dénombre quatre, un pour la ville et château d'Angers, avec état-major, gardes, et invalides; un pour la ville et le château des Ponts de Cé, un autre pour Saumur et le Saumurois, le dernier pour Baugé. De l'administration militaire relèvent enfin les écoles royales, celle d'équitation de Saumur, créée en 1766, et qui devient, dès 1771, la seule école d'équitation maintenue en France, et celle de La Flèche, installée au départ des Jésuites en 1762 pour recevoir les enfants de l'Ecole militaire de Paris, et qui admet par grâce spéciale des écoliers angevins. 

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