Les derniers feux du Moyen-âge

De la province d'Anjou au département de Maine-et-Loire...une indéniable continuité, une riche histoire à découvrir.

La ruine des abbayes

Les temps d'épreuves de la fin du Moyen-Age ont précédé, en Anjou, comme en Europe, un changement profond de civilisation. La grande impulsion religieuse qui avait marqué les siècles précédents est terminée, même si les ordres mendiants (Dominicains, Franciscains, Carmes, Augustins) ont créé dans les villes des implantations qui perdureront, réaffirmant un idéal de pauvreté que les établissements de fondation ancienne avaient depuis longtemps perdu de vue. Ceux-ci ont par ailleurs beaucoup souffert : les passages des gens d'armes sont ruineux, les effectifs sont décimés par les maladies. En 1349, après le premier accès de la peste noire, la moitié des moines de Saint-Aubin a péri. Les abbayes de Saint-Maur sur Loire, Saint-Serge et Saint Nicolas à Angers, mais aussi de Bourgueil, du Louroux, de Pontron, de Saint Georges sur Loire, et de très nombreux prieurés, sortent de la guerre détruits ou ruinés. Ceux qui ont résisté comme Saint-Florent de Saumur, Saint-Maur, Fontevraud, Cunaud, se sont retranchés derrière des fortifications dont quelques traces sont encore visibles comme à Brion ou Blaison.

L'Eglise au service des princes

Un timide mouvement de restauration ou de fondation s'amorce après la guerre, d'initiative ducale ou royale. René dote des prieurés, fonde celui de La Baumette près d'Angers et promeut le culte des Trois Marie, à l'image des dévotions provençales. Louis XI fait construire le sanctuaire de Béhuard, dans lequel il aime à se rendre en pèlerinage. L'abbaye Saint-Serge est relevée, son clocher reconstruit. Mais les évêques, accaparés par le service des princes, sont des personnalités moins impliquées: Hardouin de Bueil, qui occupe le siège épiscopal pendant 65 ans (1374-1439), est chambellan et maître des requêtes de Louis Ier, tandis que Jean de Beauvau est l'un des proches du roi René, et qu'à la fin du siècle le cardinal Jean Balue appartient à l'entourage  du roi Louis XI. A la fin du siècle, les évêques sont devenus des personnages de cour qui ne résident pas, tandis que les abbayes, par le système de la commende, sont aux mains de grandes familles, comme Saint Florent de Saumur, qui voit se succéder sur le trône abbatial les membres de la famille Du Bellay. Seule Fontevraud, sous l'impulsion de l'abbesse Marie de Bretagne (1457-1477), commence avant la fin du siècle une courageuse réforme initiée d'ailleurs hors d'Anjou au monastère de la Madeleine d'Orléans.

Les ducs d'Anjou, bâtisseurs et mécènes

Louis Ier avait attaché son nom à Saumur par la reconstruction du château. Louis II et sa femme Yolande font édifier au château d'Angers le logis royal et la chapelle, et effectuer d'importants travaux à Baugé ou Yolande aimait résider. Le roi René est resté célèbre pour avoir apporté sa marque sur de très nombreux édifices: à Angers, en complétant l'aménagement du château  par la construction du châtelet, qui relie l'aile construite par son père aux salles de l'ancien palais comtal; à Saumur, en dotant d'un escalier à vis la tour nord-est, et en renouvelant divers décors pour les mettre au goût du jour; il aménage aussi ses châteaux de Baugé, des Ponts-de-Cé, de Beaufort ou aimera résider sa seconde épouse Jeanne de Laval. Mais c'est surtout par son goût pour les manoirs et demeures de plaisance qu'il se distingue de ses prédécesseurs, et annonce des temps nouveaux: à Angers et dans ses alentours, il possède les manoirs de Reculée, en bord de Maine, de Rivettes et de Haute-Folie près d'Angers, de Chanzé et de Belligan en bord de Loire, ou subsiste encore un exceptionnel ensemble de peintures murales au décor de fleurs, d'orangers et d'oiseaux. En Saumurois il peut s'installer dans les belles demeures de La Ménitré et Launay, le château aux fins décors près duquel fut donné en 1446 le tournoi brillant du "Pas du Perron" et ou s'éteignit en 1454 Isabelle de Lorraine.

La magnificence des seigneurs angevins

Mais cet appétit de construction n'est pas seulement le fait du prince. Les grands serviteurs l'imitent dans ses choix, avec souvent même plus d'ampleur: ainsi du donjon de Trêves, construit par Robert Le Maçon, conseiller de Louis II d'Anjou et serviteur des rois Charles VI et Charles VII; du château du Plessis-Macé reconstruit par Louis de Beaumont, chambellan de René d'Anjou puis lui aussi serviteur des rois Charles VII et Louis XI; du château de Montsoreau édifié par Jean de Chambes, brillant diplomate au service de Charles VII. Dans la seconde moitié du XVè siècle la paix a fait son œuvre, et les constructions abandonnent leurs dernières formes défensives: Ainsi du Plessis-Bourré, édifié par Jean-Bourré grand argentier de Louis XI, harmonieux quadrilatère entouré d'eaux, inséré dans un écrin de verdure, encore aujourd'hui intact, dont les formes équilibrées annoncent la floraison des siècles suivants; ainsi également du château du Verger, construit par Pierre de Rohan, maréchal de Gié, édifice ambitieux malheureusement disparu dont quelques décors subsistants, comme la tapisserie des "anges porteurs des instruments de la passion" exposée au château d'Angers, donne une idée de la somptuosité.



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