Les premiers comtes d'Anjou

De la province d'Anjou au département de Maine-et-Loire...une indéniable continuité, une riche histoire à découvrir.

L'apparition de la dynastie comtale

La féodalité allait bientôt, en Anjou, s'incarner en une dynastie, celle des Ingelgériens. Devant l'effacement de l'autorité monarchique, la seule réalité subsistante était le pagus, le "pays angevin", aux frontières inchangées. Celui qui assumait l'autorité de sa défense, le comitis, ou comte, en devenait le maître incontesté. Né d'Ingelger, dont on ne sait rien, Foulques Ier le Roux est porteur du titre comtal avant 929. La chronique attribue à son fils et successeur Foulques II le Bon, mort en 960,  le mérite d'avoir entrepris de relever l'Anjou de ses ruines, et de lui avoir procuré une prospérité enviée. Les comtes angevins n'oublient pas toutefois qu'ils tiennent leur pouvoir des rois : Foulques le Bon marie sa fille au dernier carolingien, Louis V; Son fils Geoffroy Ier Grisegonelle combat successivement pour le carolingien Lothaire, puis pour Hugues Capet, accompagnant avec naturel la transition du pouvoir suprême. Toutefois ils se sentent maîtres héréditaires de la principauté, et, ayant assis leur légitimité et leur puissance, ne tarderont pas à vouloir faire porter plus loin leurs ambitions.

Foulque Nerra délimite la province par les armes

Le personnage le plus marquant de la première dynastie des comtes d'Anjou est sans conteste Foulque III Nerra, fils de Geoffroy Grisegonelle, qui accède à la dignité comtale l'année même ou Hugues Capet est porté sur le trône de France (987). Sous sa domination puissante et rude, la province se fixe dans des limites élargies, qui seront peu ou prou les siennes jusqu'à la Révolution. A l'ouest, vers la Bretagne, la frontière demeure inchangée, Foulque ne réussissant pas malgré sa victoire sur les Bretons à Conquereuil en 992 à conserver la suzeraineté sur le comté de Nantes. Mais au sud, il assure définitivement l'emprise angevine sur les Mauges, et se reconnaît vassal du duc d'Aquitaine pour Loudun et Mirebeau, qui entrent désormais dans le giron angevin. Au nord il rattache à la province Parcé, Précigné et Le Lude, contraignant le comte du Maine à lui faire hommage, et les destinées des deux provinces seront liées durant tout le Moyen-âge. A l'est, une lutte acharnée et victorieuse l'oppose aux puissants comtes de Blois, qui tiennent alors Saumur. Il écrase Eudes II de Blois à Pontlevoy en 1016, s'empare définitivement de Saumur en 1026, et établit en Touraine plusieurs forteresses avancées, comme le donjon carré de Langeais, l'un des premiers ouvrages de maçonnerie qui aient été conservés. Aux frontières de son comté il établit des places fortes, en des points stratégiques bien choisis, qui deviendront vite des centres de peuplement : Montreuil-Bellay, Passavant, Maulévrier, au sud; Montfaucon, Montrevault, Saint-Florent à l'ouest; Baugé –son fils ajoutera Durtal et Mathefelon- au Nord; et à l'est, Saumur et les châteaux de Touraine. Ainsi borné et protégé, le comté d'Anjou pouvait s'affirmer comme une puissance territoriale sans égale dans les terres de l'ouest.

Les grandes fondations religieuses sous Foulque Nerra

En maître redoutable et en homme de son temps, Foulque imprima également sa marque par des fondations religieuses: ayant chassé de Saumur lors de la prise de la ville les moines du Montglonne qui s'y étaient réinstallés, de retour de Bourgogne, avec les reliques de Saint-Florent, il leur promit un somptueux établissement à Angers. Mais  le saint, raconte la légende, refusa que la barque qui le portait descendît le fleuve. Aussi Foulque dut-il consentir que la fondation nouvelle s'établît non loin de la ville, près de la grotte de Saint-Hilaire, actuel Saint-Hilaire Saint-Florent. L'abbaye qui y fut fondée devait essaimer dans la France entière et devenir, pour plusieurs siècles, l'une des plus puissantes de l'Anjou. Mais Foulque n'abandonna pas le projet d'une fondation à Angers, qu'il réalisa au retour de son deuxième pèlerinage en Terre sainte. Il dédia cette abbaye à saint Nicolas, dont l'invocation l'avait protégé du naufrage lors de son voyage de retour. Ayant entrepris en 1040 un troisième voyage, à près de soixante-dix ans, il mourut à Metz sur la route du retour et fut enseveli dans l'abbaye de Beaulieu-les Loches, qu'il avait également fondée.

Geoffroy Martel complète l'œuvre de son père

Geoffroy Martel, fils de Foulque Nerra, fut un héritier digne du père. Vers l'est il acheva la conquête de la Touraine, en écrasant le comte Thibaut de Blois. Il étendit son pouvoir jusqu'au Vendômois, recevant l'hommage du comte de Vendôme, et fondant la célèbre abbaye de la Trinité, pour laquelle il établit à Angers un prieuré. En épousant Agnès de Bourgogne, veuve de Guillaume le Grand, duc d'Aquitaine, il consolida la puissance de la dynastie au sud de la Loire, intervenant en Poitou et Saintonge, fondant avec sa femme à Saintes l'abbaye Notre-Dame. Au nord enfin, il mit définitivement la main sur le Maine, qui suivra pendant toute la durée du Moyen-âge les destinées angevines. Après vingt années d'un règne fructueux, il mourut en 1060 à l'abbaye Saint-Nicolas ou il avait pris l'habit monastique.

Les déchirements de la dynastie à la fin du XIe siècle

La seconde moitié du  siècle est moins brillante. Geoffroy Martel disparu, ses deux neveux Geoffroy III le Barbu et Foulque IV le Réchin se disputent l'héritage en huit années d'une guerre fratricide. La déloyauté de la victoire du Réchin, geôlier de son frère, son long "règne" (1068-1109) et le peu d'envergure de sa personnalité, ont pour conséquence un déclin certain de l'autorité comtale. Les liens avec la royauté, maintenus étroitement par les premiers comtes, semblent se distendre tandis que les seigneurs châtelains tendent à se constituer, dans les châteaux  dont ils ont la garde, des seigneuries indépendantes ou à tout le moins héréditaires.

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