L'essor économique du XVIIIe siècle

De la province d'Anjou au département de Maine-et-Loire...une indéniable continuité, une riche histoire à découvrir.

Une agriculture qui s'exporte

Au XVIIIe siècle, le travail agricole et le petit artisanat qui lui est lié emploient encore la très grande majorité de la population. Mais, fait nouveau, cette activité n'est plus seulement vivrière. Pour partie, elle devient une véritable activité économique. Les différents terroirs ne disposent pas des mêmes atouts: le Baugeois forestier, le Segréen et les Mauges ou domine la propriété noble, restent pauvres. On y cultive seigle et sarrasin, pois et fèves, on préfère le cidre à la vigne tandis que les landes occupent encore un cinquième de la superficie. La richesse se concentre dans la Vallée. La Loire est l'axe commercial principal, et sert de cadre à l'incessante circulation des bateaux de transport, conduits par les "voituriers par eau" qui se concentrent dans les ports actifs qui longent le fleuve: outre Angers et Saumur, Chalonnes, Ingrandes, Les Ponts-de-Cé, et de nombreux ports secondaires, accueillent les gabares à fond plat chargées de sel, d'ardoise, de tuffeau ou de vin. Sur les coteaux, dans le Saumurois et le Layon, règne désormais la vigne, principal produit d'exportation qui attire les capitaux et les négociants étrangers, au premier rang hollandais. Mais les cultures fruitières ont progressé, pruneaux, fruits cuits ou alcools. Le guignolet d'Anjou est un produit connu hors des frontières de la province. Sous la pression de la forte demande des manufactures, les cultures du lin et du chanvre se sont développées, d'autant que la présence des rivières offre des facilités de rouissage. Le grand marché de lin et de fil de Chalonnes, chaque premier mardi du mois, témoigne de cette évolution.

La difficile recherche du progrès

L'amélioration des techniques agricoles intéresse alors les esprits éclairés. Elle est encouragée par les intendants, mais aussi par les initiatives privées. La plus célèbre est celle du marquis de Turbilly, héritier à vingt ans d'un important domaine foncier près de Vaulandry au nord de l'Anjou, et qui y développa un programme ambitieux : les marais furent asséchés et transformés en prairies, des étangs creusés, des pépinières et des bergeries organisés, de nouveaux  instruments agricoles expérimentés. En 1760, il publie un "mémoire sur les défrichements" qui lui vaut une réelle notoriété. A Angers, il fonde le Bureau d'Agriculture qui par la voix de l'Almanach d'Anjou, fait connaître aux agriculteurs les dernières innovations. Mais les résistances sont fortes. Mal maîtrisées, les expériences industrielles du marquis le conduisent à la ruine. Dans la Vallée, le développement des cultures est en butte aux privilèges des habitants qui tiennent de Jeanne de Laval le droit de faire paître leurs troupeaux dans les prairies communes de toutes les paroisses. Ainsi le mur des résistances paysannes tempère-t-il les efforts des entrepreneurs, comme le décrit en 1779 l'abbé Ollivier:
" Ce que je regrette, c'est que les découvertes utiles ne se répandent pas assez généralement dans les campagnes. Le paysan, toujours attaché à ses anciens usages et presque idolâtre des coutumes de ses pères, va toujours son même train".

Le développement des manufactures

Cette prospérité tempérée, cette balance entre tradition et innovation se retrouve aussi dans le développement des activités manufacturières. Depuis le milieu du XVIIè siècle, l'Anjou connaît un mouvement continu d'essor de l'activité industrielle: les ardoises de Trélazé et du Segréen s'exportent dans tout le royaume, et même au-delà. Le charbon de terre est exploité dans la vallée du Layon; le minerai de fer est traité aux deux extrémités de la province, aux grandes forges de Pouancé et Château-la-Vallière.  Nombre de petits ateliers travaillent le cuir, la cire, le bois, le verre. Il y a même à Angers et à Saumur des raffineries qui traitent le sucre importé des Antilles. Aucune activité n'est cependant comparable à l'industrie textile, seule "grande" industrie du XVIIIè siècle dans laquelle l'Anjou s'est taillé une place de choix. La filature et le tissage de la laine (Angers, Châteaugontier, Durtal, La Flèche, Le Lude, Saumur), du chanvre (Angers, Beaufort), et surtout du lin (Cholet, Chemillé, Châteaugontier, Craon) animent des centaines de métiers dispersés dans les bourgs; les centres urbains livrent et commercialisent les produits finis, étamines, voiles et cordages, toiles (pour lesquelles une manufacture d'impression est créée à Angers en 1752) et mouchoirs. Il ne s'agit plus d'artisanat pour satisfaire les besoins locaux, mais de véritables manufactures qui produisent en série et exportent au loin, par Nantes, la Rochelle et Bordeaux, vers l'Italie, l'Espagne, le Portugal, l'Amérique du Sud et centrale, les Antilles.

Les fragilités de la fin du XVIIIe siècle

Mais cet essor se ralentit dans les dernières décennies du siècle. Les achats hollandais diminuent et l'industrie lainière décline sans remède. Les communications restent précaires: le mauvais état des routes et chemins est dénoncé dans les mémoires de tous les administrateurs. La Loire et ses affluents, ainsi que le canal de Monsieur (du Layon) restent les principales voies de transports de marchandises, soumis aux taxes et péages dissuasifs, aux aléas du climat et à la capacité limitée des embarcations; autant de freins qui pénalisent l'économie angevine, malgré ses nombreux atouts naturels.

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