René d'Anjou et son entourage

De la province d'Anjou au département de Maine-et-Loire...une indéniable continuité, une riche histoire à découvrir.

Les parents : Louis II et Yolande d'Aragon

Louis Ier était mort pour reconquérir le trône d'Italie.

Sa femme Marie de Bretagne maintient ses prétentions au nom de leur fils Louis, âgé de sept ans. Louis II consacrera donc dix ans à poursuivre vainement la conquête, avant de mourir prématurément à Angers, en 1417.

Duc d'Anjou, comte de Provence comme son père, il avait épousé en 1400 Yolande d'Aragon, fille du roi Juan Ier.A la mort de celui-ci en 1408, une nouvelle prétention s'ouvre pour la famille d'Anjou, qu'elle n'est pas davantage en mesure de poursuivre. Mais l'héritage d'Aragon fera désormais partie des revendications angevines.

Le frère aîné : Louis III d'Anjou

Louis II disparu, c'est son fils aîné Louis III qui hérite des principaux domaines angevins, Anjou, Maine et Provence, et bien sûr Italie et Jérusalem. La dynastie angevine n'a jamais été aussi proche des intérêts de la couronne de France. Louis et Yolande avaient conclu pour leurs enfants des mariages prometteurs: Très tôt leur fille Marie est promise à Charles de Ponthieu, futur Charles VII, élevé par Yolande à la cour d'Anjou pour le soustraire, dit-elle, aux dangers de la cour de France. Il est vrai que celle-ci est livrée aux violences de la fin du règne de Charles VI, le roi fou, et que tout est à craindre des trahisons des Bourguignons à la solde de l'Angleterre, avec laquelle la guerre a repris plus que jamais. Le mariage est célébré en 1422. Quant à Louis, accaparé par les expéditions italiennes, il s'unit en 1431 à Marguerite, héritière de Savoie, pour accroître encore l'emprise de la dynastie au-delà des Alpes. Mais il meurt sans descendance en 1434.

René d'Anjou et la fin de l'indépendance angevine

L'ensemble du domaine angevin, à l'exception du Maine dévolu au dernier fils, Charles, échoit alors au fils cadet, René. Ce prince, né au château d'Angers en 1409, avait été destiné par sa mère à recueillir l'héritage des duchés de Bar, par héritage maternel, et de Lorraine, par mariage avec Isabelle, fille unique du duc, célébré en 1420. Il était effectivement entré en possession de ces deux domaines en 1430, mais tombe presqu'aussitôt aux mains de son ennemi le duc de Bourgogne, qui le retient prisonnier durant six années et ne le libère qu'au prix d'une rançon si importante que jamais, malgré ses revenus imposants, la cour d'Anjou ne pourra l'honorer. Pendant ces années difficiles sa mère Yolande administre ses états en véritable régente, et joue un rôle politique considérable, jusqu'à sa mort à Saumur en 1442.
Il est peu de dire que René ne fut pas heureux dans ses ambitions: chassé d'Italie en 1446 après quatre ans d'efforts infructueux, lançant son fils Jean à la conquête de l'Aragon ou il meurt en 1470, perdant son second fils Nicolas en 1473, il ne peut que transmettre à son petit-fils René II ses territoires lorrains, avant de se replier en Provence aux côtés de sa seconde épouse Jeanne, fille de Guy de Laval. Après sa mort en 1480 et celle de son neveu Charles du Maine l'année suivante, le roi de France Louis XI peut sans difficulté mettre la main sur les domaines de la maison d'Anjou, mettant fin définitivement à cinq siècles d'indépendance angevine.

Le "Bon" Roi René

On comprendrait mal la révérence qui entoure la figure de René, si l'on s'attachait seulement à son bilan politique. Son héritage est en effet assis sur d'autres valeurs: prince fastueux, il s'entoure d'artisans, d'artistes, il est mécène et homme de goût. Prince-chevalier, il organise des tournois somptueux, et en fixe les règles à travers un célèbre traité et l'institution de l'Ordre du Croissant, qui ne lui survivra pas. Prince bâtisseur, il édifie et remodèle sans cesse ses demeures, en Anjou, en Provence et en Lorraine, et, profitant de la paix revenue à la fin de son règne, les orne de jardins et de délicats décors. Prince-artiste, il compose, écrit, peint, dans les derniers feux du style courtois du Moyen-âge. Enfin, prince sensible, il aime à être populaire, dit son chagrin de voir disparaître en 1454 au château de Launay près de Saumur son épouse Isabelle, de voir sa fille Marguerite, mariée au roi d'Angleterre Henri VI, chassée de son trône par les revers de la guerre des Deux-Roses et perdre successivement son mari et son fils avant de se réfugier en Anjou pour y couler de tristes jours jusqu'à sa mort en 1482. La légende s'empare aussitôt de la figure du "Bon Roi". Ne fallut-il pas que Jeanne de Laval soustraie de nuit sa dépouille aux Provençaux, pour exécuter les volontés de celui qui avait désiré être enterré dans sa cathédrale d'Angers? Il avait d'ailleurs, en 1474, légué au chapitre cathédral la belle tapisserie de l'Apocalypse héritée de ses parents. Le romantisme et, plus encore, le goût aristocratique du XIXe siècle s'empareront de cette légende jusqu'à l'excès. Mais elle vaut à l'Anjou ses plus beaux symboles, parmi lesquels la statue que lui consacra David d'Angers, idéalisant le jeune roi au milieu des angevins de tous les temps, en une œuvre dont il fit don, lui le républicain, à leur commune patrie.

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