Une nouvelle dynastie angevine : Charles d'Anjou à la conquête de l'Europe

De la province d'Anjou au département de Maine-et-Loire...une indéniable continuité, une riche histoire à découvrir.

Maintien de l'identité provinciale

En même temps que les souverains français établissaient résolument leur autorité sur la province, ils ménageaient son identité en lui conférant un statut particulier. Dès 1204, Philippe Auguste confirmait Guillaume des Roches, le sénéchal nommé par le dernier Plantagenêt, en lui conférant un sénéchalat héréditaire sur tout le grand Anjou (Anjou, Maine, Touraine). Puis un cadet de Louis IX, Jean de France, qui ne vécut pas, fut investi brièvement du titre de comte d'Anjou en 1227.
Charles, frère de saint Louis, reçoit l'Anjou en apanage
Enfin, en 1246, Anjou et Maine sont dévolus en apanage au dernier frère du roi, Charles, qui vient d'épouser l'héritière de Provence. Quoique peu présent dans sa province –on n'y dénombre que deux séjours avérés, et encore au début du règne-, le prince l'administre avec attention, la dotant d'une administration efficace, et favorisant les échanges. Aussi la seconde moitié du XIIIè siècle est-elle pour l'Anjou une période de prospérité retrouvée : la vigne, essentiellement autour d'Angers et de Saumur, est l'une des principales richesses, continuant à s'exporter par voie d'eau jusqu'en Angleterre, mais aussi en Normandie, et par l'Ile de France jusqu'à Paris. On exporte aussi les ardoises, dont l'extraction connaît un essor significatif, la pierre et le bois des forêts du Maine. Ainsi le dynamisme économique de la province lui permet-il de supporter sans trop souffrir les importantes contributions financières prélevées par le prince (plus de 65 000 livres tournois pour les seules années 1271-1275).

La conquête du royaume de Naples

Les ambitions de Charles d'Anjou l'entraînent loin de son apanage. Après avoir guerroyé pour le roi de France, qu'il est contraint d'accompagner en croisade, après avoir consacré dix années à pacifier la Provence, il est appelé en Italie par le pape Urbain IV pour soutenir le parti pontifical contre les descendants de l'Empire germanique, dans la lutte pour la possession de Naples et de la Sicile. Charles d'Anjou accepte sans hésiter et reçoit du pape en 1266 l'investiture du royaume aux deux couronnes. Vainqueur en deux batailles décisives, à Tagliacozzo puis dans la plaine de Bénévent, il fait son entrée à Naples et signe de sang son nouveau pouvoir par l'exécution de son dernier rival Conradin, à peine âgé de quatorze ans.

Les Vêpres siciliennes

Durant plus de dix années, Charles d'Anjou règne sur le royaume italien en maître incontesté, et y installe d'une main de fer une administration calquée sur celle de ses apanages français. En 1277, poursuivant le rêve d'étendre son pouvoir vers l'Orient, il achète même le droit de prétendre à la couronne de Jérusalem, couronne toute virtuelle depuis la disparition du royaume chrétien. Mais cette puissance indispose. Le lundi de Pâques 1282, une violente révolte chasse les français de Sicile. Survenue à l'heure des Vêpres, elle restera dans l'histoire sous le nom de "Vêpres siciliennes". Ni Charles d'Anjou, ni aucun des princes qui revendiqueront après lui la couronne de Naples ne pourront reprendre pied en Sicile.

L'expansion angevine en Europe centrale

En revanche d'autres alliances fourniront des résultats prometteurs à la dynastie : Charles II, qui succède à Charles d'Anjou en 1285, avait pris pour épouse la fille du roi de Hongrie. Leur descendance s'implantera en Hongrie, fournissant à ce pays deux de ses plus grands rois, Charles-Robert (1288-1342) et Louis, dit Le Grand (1326-1382). Avec ce dernier, qui ajoute à son trône, par alliance, le royaume de Pologne, c'est l'Europe centrale qui devient angevine, et se poursuit en Hongrie dans la maison de Luxembourg, et en Pologne, dans celle des Jagellon.

Le retour de l'Anjou  à la couronne de France

La descendance de Charles d'Anjou ne peut retenir cet empire éclaté. Lorsqu'à la mort de Charles II en 1309 le royaume de Naples se transmet à son fils aîné Robert, l'Anjou ne fait déjà plus partie de l'héritage. En 1290, Charles II en a doté sa fille Marguerite, épouse de Charles de Valois. Celui-ci obtient en 1297 l'érection du comté en pairie. Et lorsque à son tour leur fils Philippe hérite de l'apanage angevin, c'est pour le remettre bientôt dans le giron de la Couronne puisqu'il devient, après la disparition successive des fils de Philippe le Bel, en 1328 le nouveau roi de France.



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