Une société immobile

De la province d'Anjou au département de Maine-et-Loire...une indéniable continuité, une riche histoire à découvrir.

Une population avant tout campagnarde

En 1789, l'Anjou compte 541 paroisses, qui forment le cadre de la vie sociale. Les villes sont peu nombreuses, et de taille modeste: Angers a compté 30 000 habitants au milieu du XVIIè siècle, chiffre en lente régression jusqu'en 1770, puis à nouveau en hausse dans les vingt dernières années de l'Ancien Régime. La ville est distribuée en 16 paroisses, auxquelles le recensement réalisé en 1769 attribue 21 105 habitants dont 3526 vivant hors des parties urbanisées. Saumur, avec 9 000 habitants, est de très loin la seconde ville de la province, même si les effets de la Révocation n'ont pas durablement compromis son activité. Le reste de la population de l'Anjou – qui compte au total environ quatre cent cinquante mille habitants- se répartit donc sur le territoire dans les bourgs, villages ou hameaux d'une inégale densité : près de 100 habitants au km2 dans la riche Vallée, 60 dans le Saumurois et à peine moins entre Mayenne et Loire, mais 31 en Segréen, 30 en Baugeois et 29 dans les Mauges.

La noblesse

L'ordre social semble immuable. Un millier environ de nobles, dont très peu de haute noblesse, dont le mode de vie n'est pas très éloigné de celle des bourgeois et notamment des officiers royaux. L'anoblissement est la récompense suprême, et couronne quelques ascensions sociales réussies, notamment à travers l'exercice des charges municipales. Outre leurs hôtels en ville, ces familles possèdent châteaux et manoirs, et la campagne angevine recèle encore nombre de ces maisons discrètes aux lignes élégantes qui témoignent d'un art de vivre paisible, dans lequel rien ne présage les orages à venir. Quelques magnifiques témoignages de cette architecture classique demeurent encore préservés aujourd'hui : ainsi, la famille Avril, dont le nom reste attaché à l'Académie d'équitation, fait bâtir peu avant la Révolution à Saint-Barthélemy-d'Anjou le délicat château de Pignerolles par l'architecte angevin Bardoul de la Bigottière. A peu de distance de la Loire, sur la commune de Mazé, le magnifique château de Montgeoffroy, construit en 1775 pour le maréchal Louis de Contades par l'architecte parisien Barré, a conservé aujourd'hui encore ses intérieurs et son splendide mobilier d'époque.

Le clergé

Le clergé est le second groupe social par son importance: 2800 prêtres, 1500 religieux et religieuses. La vie régulière connaît alors un déclin continu: s'il y a encore 129 religieuses à Fontevraud, la seule abbaye qui semble préserver un certain dynamisme, il n'y a plus que 17 religieux à Saint-Aubin, et moins d'une dizaine dans de nombreux établissements. Toutefois ces abbayes presque vides perçoivent encore des revenus importants, accentuant ainsi le décalage entre la richesse de l'Eglise et la pauvreté, voire la misère du petit peuple. Celui-ci forme en effet la quasi-totalité de la population, dans laquelle se répand une certaine instruction par le biais de "petites écoles", dont l'influence reste limitée puisque dans les Mauges seuls 18,5% des conjoints savent signer, tandis que cette proportion tombe à 6% dans les paroisses les plus isolées. Une réalité dont s'apercevront les hommes de la Révolution lorsque, voulant en 1789 pourvoir les conseils municipaux des communes nouvellement créées, ils peineront à trouver dans les campagnes l'effectif minimal sachant écrire.

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