La vallée de la Loire

La riche histoire du territoire angevin lui vaut d'être doté, aujourd'hui encore, d'un patrimoine exceptionnellement abondant et varié.

Ile et église de Béhuard

A une quinzaine de kilomètres d'Angers, la petite ile de Béhuard (du nom de Buhard, un chevalier breton installé en ce lieu au XIe siècle) déploie son charme discret entre deux bras de Loire. L'ile fut de temps immémorial un lieu de pèlerinage, la légende voulant qu'un pêcheur ait recueilli dans ses filets une statue de la Vierge, ensuite invoquée par les mariniers en cas de péril. Celle-ci est conservée dans la très curieuse église Notre-Dame, incrustée dans le rocher, qui doit aussi sa notoriété à la faveur du roi Louis XI, qui lui manifestait une particulière dévotion. Avec son plafond de bois en forme de carène renversée, ses vitraux  et sa délicate architecture gothique, l'église de Béhuard est l'un des plus originaux sanctuaires angevins.

Eglise priorale de Cunault

Le village de Cunault, sur la rive sud de la Loire près de Gennes, était au Moyen-âge un port actif, lieu de foire et de pèlerinage. Dès l'époque carolingienne, y est établie une église, bientôt transformée en prieuré largement doté par les comtes d'Anjou. Très prospère jusqu'à la guerre de Cent Ans, il entre ensuite dans une longue décadence et est sauvé par l'intervention de Mérimée, qui en impulse la restauration. Sa très belle architecture, qui en fait la plus grande église de France sans transept, est rehaussée par l'ensemble de ses 220 chapiteaux au riche décor, et par son porche portant au tympan une vierge à l'enfant. A l'intérieur est conservée la châsse contenant les reliques de saint Maxenceul, disciple de saint Martin qui évangélisa la région.

Abbaye de Fontevraud

L'un des plus grands ensembles monastiques aujourd'hui conservés fascine autant par le déploiement de son architecture que par sa longue et riche histoire. Fondée en 1101 par le religieux d'origine bretonne Robert d'Arbrissel, dans un vallon boisé à quelques encablures de la Loire, l'abbaye est le siège d'un ordre double, dont la direction est confiée à une femme. Jouissant de la protection continue des comtes d'Anjou, nécropole de la dynastie Plantagenêt, elle essaime en France, mais aussi en Angleterre et en Espagne, et comptera plus de 150 prieurés. La Révolution met fin brutalement à l'aventure monastique, l'abbaye est pillée et en partie détruite. Mais sa reconversion en prison sous le 1er Empire la sauve d'une ruine certaine. Durant un siècle et demi, l'ancienne abbaye devient l'un des plus rudes centres pénitentiaires de France. A partir de 1963 l'abbaye est rendue à sa vocation culturelle tandis qu'est entreprise une ambitieuse restauration, qui se poursuit encore actuellement.

Les Ponts-de-Cé

Le site, particulièrement remarquable par la longue chaussée de près de trois kilomètres qui traverse la Loire de boires en îles, fut habité dès la préhistoire et un pont attesté dès l'époque romaine. Son importance tient à ce qu'il fut longtemps, avec l'alignement de ses trois bourgs et de ses quatre ponts, l'unique voie de passage entre Nantes et Saumur, de la France du nord à la France du sud. Cette importance stratégique explique la présence, au débouché des ponts, d'un château âprement disputé à l'époque Plantagenêt puis pendant la guerre de Cent ans, dont ne subsiste aujourd'hui que le donjon. Le roi René s'y plaisait et après l'avoir entouré d'arbres et de fleurs, s'y était fait construire un petit réduit d’où il pouvait plonger la vue "tout le long du pont".

Château de Montgeoffroy

La magnifique perspective qui, depuis la plaine de Loire, conduit à cet élégant château classique est certainement l'une des plus belles de l'Anjou. Construit à partir de 1775 sur les plans de l'architecte parisien Nicolas Barré pour le maréchal de Contades, alors gouverneur d'Alsace, le château s'est maintenu depuis dans la famille, et a conservé son mobilier et son décor d'origine. La chapelle, la sellerie, la cuisine, les jardins, complètent cet ensemble soigneusement préservé, discret et attachant.

Château de Montsoreau

Idéalement située au pied d'un coteau qui domine la Loire à peu de distance de son confluent avec la Vienne, le site de Rest, premier nom de Montsoreau, connut depuis le haut Moyen-âge une activité portuaire. A l'époque féodale, ses seigneurs comptent parmi les plus importants d'Anjou. Le château actuel, puissant édifice situé au bord du fleuve, fut construit en 1455 pour Jean de Chambes, conseiller de Charles VII, et reçut des personnalités de haut rang, dont le roi de France Louis XI. Alexandre Dumas a rendu célèbre le nom de Montsoreau , en écrivant l'histoire romancée des amours supposés de Françoise de Maridor, épouse de Charles de Chambes, avec le gouverneur d'Anjou Bussy d'Amboise. Ruiné à la Révolution, le château est relevé grâce à l'action du Département de Maine-et-Loire qui le possède encore aujourd'hui.

Abbaye Saint-Florent-le-Vieil

C'est dans la seconde moitié du IVe siècle que Saint-Florent établit, sur le promontoire du Montglonne qui domine la Loire, un premier lieu de culte. Il devait devenir par la suite un riche monastère, puissamment doté par les princes carolingiens, avant d'être ruiné au IXe siècle par les invasions normandes et préférer au Xe siècle se rétablir en Saumurois. Sur le site subsista un prieuré, réformé et reconstruit au XVIIe siècle, dont demeurent aujourd'hui les bâtiments ordonnés en deux ailes autour d'un cloître, appuyés sur l'église abbatiale en grande partie également reconstruite à l'époque classique. Malgré ces aléas de l'histoire, le site du Montglonne, cher à Julien Gracq, offre un panorama incomparable sur le fleuve et ses abords.

Château de Boumois

Un premier château, ruiné par la guerre de Cent ans, existait non loin de là en bord de Loire, dont les derniers vestiges furent emportés, dit-on,  par les crues du fleuve au XVIIIe siècle. L'édifice actuel fut construit au milieu du XVIe siècle par René de Thory, mais la famille la plus illustre qui y vécut fut celle des Dupetit-Thouars, célèbres officiers et marins aux XVIIIe et XIXe siècles. Le château, entouré de douves, auquel on accède par une grande porte charretière, marie avec subtilité le gothique finissant et le style renaissance. La pierre blanche du tuffeau y est l'unique matériau, formant aussi bien les tours et les lucarnes que le corps de logis et ses fenêtres à meneaux. La belle porte d'entrée en bois commandée par René de Thory comporte médaillons, arabesques et chimères, suivant le goût importé en France après les guerres d'Italie. Une gracieuse chapelle de style gothique flamboyant complète l'ensemble.

Actualités
15.03.2017

Le Val de Loire célèbre ses jardins en 2017

Autour du Val de Loire inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, dont le jardin est une composante...


27.02.2017

Un tableau du Bon Samaritain restauré à Chambellay

Le Bon Samaritain, l’une des toiles d’Adelyne Neveux qui embellissent l’église de Chambellay, vient...


24.11.2016

Expositions en ligne : l ’Anjou en photos et en documents d'époque

Les « expositions en ligne » proposent désormais des galeries photographiques sur le patrimoine et...


© Département de Maine-et-Loire - Tous droits réservés