Saumur et le Saumurois

La riche histoire du territoire angevin lui vaut d'être doté, aujourd'hui encore, d'un patrimoine exceptionnellement abondant et varié.

Château de Saumur

Dominant la ville de sa fière et élégante silhouette, le château de Saumur fut immortalisé par la célèbre enluminure représentant le mois de septembre des "Très riches heures" du duc Jean de Berry. Il occupe, sur l'éperon calcaire qui domine la Loire, l'emplacement même ou au Xe siècle, se réinstalle après les invasions le monastère de Saint-Florent, origine pense-t-on de la naissance de la ville. Le pays est alors aux mains des comtes de Blois. Foulque Nerra s'en rend maître  en 1026. Le roi de France le renforce au XIIIe siècle, après sa victoire sur les Plantagenêt. Mais c'est Louis Ier, duc d'Anjou, qui à partir de 1367 procède à la transformation majeure, lui donnant la forme et l'aspect qui est le sien actuellement. A sa suite le roi René y apporte de notables aménagements, tandis qu'au XVIe siècle l'italien Batholomeo renforce ses défenses par des bastions en étoile qui préfigurent les défenses "à la Vauban". Résidence des gouverneurs, prison, puis dépôt d'armes, le château abrite depuis 1906 les musées de la ville.

Eglise Saint-Pierre

Construite sur une légère éminence qui la mettait à l'abri des crues de la Loire, l'église paroissiale Saint-Pierre dessert le bourg ancien, attesté depuis le début du XIe siècle. La construction actuelle date de la seconde moitié du XIIe siècle (chœur et transept) et du début du XIIIe siècle (nef). Elle est caractéristique du style gothique "angevin", marqué par un vôutement d'ogives en forme de coupoles fortement bombées. Effondrée en 1673, la façade a été reconstruite dans le style classique. Un beau mobilier, constitué notamment de stalles réalisées à la fin du XVe siècle, orne l'intérieur. La vie de Saint-Pierre avait fait également l'objet au XVIe siècle de la commande de deux séries de très belles tapisseries, encore exposées en été.

Hôtel de ville

Même si les habitants semblent avoir eu, depuis le XIVe siècle, le droit de tenir assemblée, c'est à Charles VII en 1437 qu'il revient d'instituer le premier corps de ville. L'hôtel de ville a conservé le même emplacement depuis l'origine, avec des transformations successives. La partie la plus ancienne de l'édifice située à l'est date du XVe siècle, et n'est autre qu'un ancien bastion fortifié autrefois intégré à l'enceinte urbaine. En 1508 est construite la façade sur cour, qui tranche par son style précieux avec l'austérité des murs extérieurs. L'ensemble est poursuivi au XIXe siècle par l'architecte Joly-Leterme, dans un décor inspiré du gothique flamboyant et de la Renaissance. Outre sa fonction municipale, l'hôtel de ville abrita, au XVIIe siècle, le gouverneur de la place Duplessis-Mornay, et l'académie protestante siégeait en fond de cour.

Ecole de cavalerie

La tradition équestre à Saumur remonte au moins au XVe siècle, ou déjà la plaine du Chardonnet était fréquentée par de nombreux écuyers ou chevaliers. En 1763, la brigade des carabiniers du comte de Provence vient tenir garnison à Saumur, et c'est en 1767 qu'est édifié le corps de bâtiment principal, d'une belle ordonnance classique, ainsi que le manège des écuyers. L'Ecole de cavalerie s'étend ensuite jusqu'à occuper au nord-ouest de la ville un vaste quadrilatère qui s'étend de la rive gauche de la Loire jusqu'aux levées qui bordent le Thouet. Elle sera l'un des points forts de l'identité saumuroise, par le prestige des cavaliers et de son école de dressage, le fameux "Cadre noir". Les chevaux ont aujourd'hui quitté le quadrilatère du Chardonnet pour Verrie, à quelques kilomètres, tandis que la vénérable éccole sert de cadre à l'Ecole d'application de l'arme blindée.

Eglise Notre-Dame de Nantilly

Le faubourg de Nantilly, situé sur les rives du Thouet, est certainement d'origine gallo-romaine. La première mention de l'église remonte au XIe siècle, alors qu'elle devient siège d'un prieuré de l'abbaye Saint-Florent. L'église actuelle fut reconstruite au XIIe siècle, puis agrandie au XVe siècle sur ordre de Louis XI. Le plan "en trident" (nef unique, grand transept, chœur profond) est caractéristique des églises des bords de Loire, mais le monumental voutement de la nef manifeste de son importance. A l'intérieur, une statue de la Vierge à l'enfant fait l'objet d'une vénération populaire, tandis que sur le côté droit de la nef se trouve l'épitaphe de Thiphaine la Maugine, nourrice du roi René, seul élément subsistant du tombeau que le roi René lui-même avait commandé à l'un de ses artistes préférés, Pons Poncet.

Chapelle Notre-Dame des Ardilliers

Le nom d'Ardilliers dériverait du mot local "Ardille", qui désigne l'argile composant le sol, au pied de ce coteau de la Loire à l'est de Saumur. A partir du début du XVIe siècle, un pèlerinage marial s'y développe qui devient bientôt célèbre lorsque des guérisons miraculeuses viennent à s'y produire. En 1614, grâce à l'appui de Marie de Médicis, la gestion du sanctuaire est confiée aux oratoriens qui y créent un collège royal, puis une école de théologie. Bientôt s'édifie une imposante chapelle précédée d'une vaste rotonde, tandis que de part et d'autre s'édifient les bâtiments conventuels et les quartiers des pèlerins. Restaurée à plusieurs reprises, notamment après les bombardements de la seconde guerre mondiale qui causent d'importants dommages, la chapelle et son riche mobilier restent des témoins exceptionnels de l'art mis au service de la contre-réforme religieuse.

Dolmen de Bagneux

Il ne reste que quelques traces de la forêt qui s'étendait jadis aux portes de Saumur. Elle fut aux temps préhistoriques un site important, comme en témoignent les nombreux vestiges encore visibles aujourd'hui. Le plus célèbre est sans conteste le "grand dolmen" de Bagneux, sans doute le plus volumineux du monde. Formé de lourdes dalles de grès, il se compose de 11 supports verticaux recouverts de 4 dalles, et mesure 18 m de longueur. D'autres monuments mégalithiques sont présents dans les environs immédiats : à 500 m environ, le "petit dolmen" est encore d'une taille respectable, avec 7 m de longueur; plus près de la ville se trouve le dolmen des "Caves de la mort", d'autres étant répartis dans les communes environnantes; 23menhirs, de nombreuses haches polies et des lames de silex complètent cet ensemble qui n'a sans doute pas encore livré encore tous ses secrets.

Château de Brézé

L'existence d'un château est attestée à Brézé dès 1063. Au XIVe siècle il se transmet, par les femmes, dans la famille de Maillé qui devait le conserver durant trois siècles. A partir de 1560, Arthus de Maillé reconstruit l'édifice dans le style renaissance, conservant ses douves, profondes de 18m, et ses deux tours rondes fermant, à l'entrée, les corps de bâtiment. Louis XIII érige la terre en marquisat en faveur d'Urbain de Maillé-Brézé, dont la faveur est extrême puisqu'il épouse Nicole du Plessis, sœur du cardinal de Richelieu. Mais le mariage de sa fille, Claire-Clémence de Maillé-Brézé, avec le prince de Condé signe l'abandon du château. Il passe alors dans la famille de Dreux, titulaire jusqu'en 1830 de la charge de Grand-Maitre des cérémonies du Roi. En 1850, l'architecte angevin René Hodé est chargé de la rénovation du château, dans le style néogothique. Transmis par alliance à la famille de Colbert, il fait l'objet aujourd'hui d'une importante rénovation tandis que l'on peut admirer le réseau préservé de ses douves et caves troglodytiques.

Abbaye d'Asnières

Sur la terre d'Asnières, qui appartenait au Moyen-âge aux puissants seigneurs de Montreuil-Bellay, Saint Bernard de Tiron établit au  XIIe siècle une fondation, suivant une règle proche de celle des bénédictins. Elle fut prospère jusqu'au XVIe sicle, mais les guerres de religion lui portent un coup dont elle ne se remet pas. Il ne reste plus en 1650 que six religieux. Vendue comme bien national à la Révolution, elle est reconvertie en exploitation agricole et allait être totalement détruite lorsqu'au début du XXe siècle une société savante, la Société artistique des monuments de la vallée de la Loire, entreprend son sauvetage. Les vestiges, et notamment lechoeur gothique de l'abbatiale, d'une rare élégance, sont actuellement propriété du Département de Maine-et-Loire.

Château du Pimpéan

Le Pin Péan ou Pin Payen tire vraisemblablement son nom d'un certain Péan du Pin, attesté au XIIe siècle. Mais c'est l'entrée du fief dans les possessions de la famille de Beauvau, puissants seigneurs de l'entourage de René d'Anjou au XVe siècle, qui permet sa notoriété. Bertrand de Beauvau fait reconstruire le château avec tours, portail, mâchicoulis et chapelle dans l'enclos.
En demeure notamment la chapelle, dont le célèbre décor intérieur couvre la voûte, divisée en deux travées de huit compartiments. L'œuvre y représente la vie de la Vierge, la Trinité, les évangélistes et les anges de la passion. Sur les phylactères se lisent des vers dus au Roi René et la devise des Beauvau : "sans départir". Le logis seigneurial, remanié au XIXe siècle, conserve toutefois quelques témoignages du XVe siècle, notamment dans les combles. Dans la basse-cour se trouve une très belle fuie ronde de tuffeau blanc.

Eglise du Puy Notre-Dame

Magnifique monument bâtie sur le modèle de la cathédrale de Poitiers dont elle respecte le plan, l'église du Puy Notre-Dame a été construite en deux campagnes, à la fin du XIIe et au début du XIIIe siècle. Bâtie en pierres blanches de tuffeau, elle est un remarquable exemple d'architecture angevine d'époque "Plantagenêt". Elle se compose de trois nefs comportant chacune six travées, d'un transept et d'une abside à chevet plat. Deux petits clochers carrés, à flèche de pierre, flanquent la façade rectangulaire, tandis qu'un haut clocher rajouté au XVe siècle surmonte la nef. L'ampleur de l'édifice ne s'explique que par la conservation de la relique de la Sainte Ceinture de la Vierge qui lui est attachée. Rapportée de Palestine, d'après la tradition, par Guillaume, duc d'Aquitaine, elle a suscité une dévotion importante, et était invoquée pour favoriser la fertilité. Anne de Bretagne, Anne d'Autriche, et même l'impératrice Eugénie, auraient eu recours à son invocation.

Château de Montreuil-Bellay

La première citadelle est construite au XIe siècle par Foulque Nerra, sur un site déjà occupé à l'époque romaine. Elle doit son nom à Giraud Berlay, fidèle du comte, à qui il confie la défense de la forteresse, bastion stratégique de son territoire. Par la suite, ses successeurs auront à défendre le fief contre les ambitions de Geoffroy Plantagenêt, comte d'Anjou, et seront récompensés de leur fidélité à la couronne de France par la visite de Philippe-Auguste et de Louis VIII. La grande histoire du château se poursuit à travers les familles de Tancarville, d'Harcourt, de Longueville, de La Trémoïlle. Après la Révolution, la famille de Grandmaison restaure le château, qui domine encore de sa longue silhouette la vallée du Thouet et demeure un élément majeur du riche patrimoine de la ville.

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